Mon tuyau à moi ...

Rejoignez le groupe Xuân sur Facebook !

Mon Bloogle ...

Drôles d'histoires

ou les Terribles Tribulations 2005 de Christophe Trần, découvrant Đà Nẵng ...
( version d'origine authentique )


72 heures maso de garderie

MARDI : après avoir joué l’équilibriste sur ma mobylette chargée de provisions en bananes et fruits du dragon, je déboule dans la cour intérieure dont l’ambiance a complètement muté. Le silence assourdissant de la veille a été mis en fuite par les rires s’élevant entre les murs immaculés tandis que des cris stridents ricochent joyeusement dans l’oreille. Je suis alors braqué par quelques dizaines de paires d’yeux interrogateurs. Comble du paradoxe, je ne m’étais jamais senti aussi seul – la dernière fois, c’était à 2h du matin en regardant Sadako sortir de mon téléviseur, alors qu’on dépassait allègrement le millier d’enfants au km² … Bientôt, la Maman et le Papa de la maison viendront à ma rescousse et me présenteront chacun des bambins. Un défilé de « Chào anh » s’ensuit telle une procession de fidèles en attente de recevoir l’hostie. Ici, tous les enfants savent bien qu’avant d’apprendre les lettres, il faut apprendre la politesse et la discipline.

Une bonne partie de tape ! A 10 cts le bol, tournée générale !
Une bonne partie de tape ! A 10 cts le bol, tournée générale !

A grands coups de sourires ravageurs et de grimaces brevetées, je passe aussitôt du statut d’inconnu-à-qui-on-n’ose-pas-adresser-la-parole au statut de grand frère d’une famille décidément bien nombreuse. Comme souvent, les plus jeunes ont priorité sur la marchandise et me tirent à l’étage. Dans l’aile principale s’étalent trois chambres de filles – majoritaires, et une chambre de garçons tandis que M. Rân et la Maman occupent l’aile secondaire. Chacun des enfants fait son show pour attirer mon attention et je suis vite tiraillé par les sollicitations. Je décide de me lancer dans la conversation dans un vietnamien cuit au feu de bois qui ne tarde guère à laisser les gamins dubitatifs quant à mes compétences linguistiques … Sous l’avalanche de têtes brunes à se faire pâmer un pédiatre, je décide de les emmener à la plage avec le consentement du Papa de la maison. Nous avons la chance de nous trouver à seulement 1 km de la baie de Đà Nẵng et par cette chaleur, la baignade constitue une vraie bénédiction. Les trois premières brasses constitueront mon seul moment de tranquillité de la journée. A peine les ai-je enchaînées que je m’improvise en Arturo Brachetti national pour le plus grand bonheur des enfants : plongeoir, bouée, dauphin, rampe de lancement … avant de finir naturellement en épave sous-marine après une heure d’efforts continus. Secrètement c’est vrai, j’aspire être un homme-objet juste l’espace d’un moment mais je l’avoue, pas dans ces circonstances …

A l’issue de cette journée émotionnellement épuisante, je pense avoir gagné la sympathie de ces joyeux lurons, si attachants que j’en oublierais presque mes courbatures. Avec l’aide d’une ou deux timbales d’alcool de riz, elles ne seront plus qu’un mauvais souvenir !


POT POURRI des jours suivants : je me souviens …


… de ce grand amateur de « chè » devant l'éternel, courir sus à la marchande, laquelle à peine arrivée dans la cour, ouvrant des yeux incrédules autant que terrifiés sur cette charge formidable hésite entre … bon sang qu’elle est longue cette phrase, je la finirai plus tard


… de cette salle à manger, cette ruche où s’affaire une trentaine d’enfants à l’heure de déjeuner. Les uns sortent tables et chaises, les autres finissent en cuisine, les uns disposent les couverts, les autres amènent les plats … toute la famille participe à ce ballet dont les représentations débutent quotidiennement à 11h et 17h précises


… de la distribution des jouets collectés par Julien au sein de l’UJVF où j’ai eu la chance d’endosser la barbe du Père Noël. Papy Rân n’a pu résister à la tentation de s’essayer gaiement aux maracas tandis que le concours de puzzles a eu l’étonnante faculté de décupler le volume des vociférations


… de ce moment privilégié que j’ai pu partager avec ces enfants, de ce rituel collectif vécu dans leur intimité : la sieste. Après une bien mauvaise nuit ponctuée d'éclats de voix, de chasses d'eau aux sonorités de cataractes et de raclements de gorge à retourner l'estomac, j’ai savouré cet après-midi là. Ils dorment inanimés, presque tous à terre sur le carrelage frais alors que la chaleur bat son plein


… de cette mobylette à l’agonie, surchargée de mioches, faisant des aller-retours incessants pour notre dernière sortie à la plage. Des parrains français au grand cœur sont là et je sers volontiers d’interprète malgré mon vietnamien claudiquant.


… de la petite Nhung bronzée comme une inca, de la farouche Hà tellement douée dans la surenchère de décibels, des étranges manipulations opérées par Dương sur mes tétons, du pilotage douteux de Papy Rân qu’on dirait avoir trop tiré sur une vieille pipe farcie d’opium, de la soirée d’anniversaire de Yến qui vire à une fête de départ émouvante …
 

Amortissons le prix de la course 35 bouches à nourrir, qui pour la vaisselle ?
Amortissons le prix de la course 35 bouches à nourrir, qui pour la vaisselle ?

BREF, si tu en as l’occasion, viens par toi-même partager avec les enfants tes propres moments de joie et construire avec eux tes propres impérissables souvenirs. Tu es disponible une semaine, un jour ou même un après-midi à Đà Nẵng ? Passe les voir et fais le plein de bonne humeur ! Imagine … qu’on fait le plein de ta voiture gratuitement, tu ne serais pas aux anges ? Et bien là, c’est pareil mais en mieux ( et si tu n’as pas de voiture, fais semblant ) De leur côté, les enfants sauront t’accueillir car bien conscients d’avoir la chance de bénéficier d’aides matérielle, alimentaire, scolaire et sanitaire, il leur manque, en toute simplicité « des gens comme toi, qui viennent s’amuser avec nous », parole de Trắng, l’un des enfants que je me ferais une joie de revoir à l’occasion du prochain Tết.

Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 20:32
- Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
ou les Terribles Tribulations 2005 de Christophe Trần, découvrant Đà Nẵng ...
( version d'origine authentique )

Premiers pas en terrain inconnu

Ma foi, c’est une bien belle résidence, aux murs aussi éblouissants que le couvre-chef du Mont Blanc. Il faut dire qu’elle a été rénovée il y a tout juste un an au cours d’une cérémonie très émouvante
. Alors que je pénètre dans la cour, mes sens sont aux aguets : ils devraient être dans le coin. "Ils" autrement dit les mômes, maîtres incontestables et incontestés des lieux.

La dernière maison sur la gauche
La dernière maison sur la gauche !


C'est que la maison a été construite pour eux, enfants des rues de Đà Nẵng, poussières de vie recueillies par Monsieur Rân. Cet honorable bonhomme fût l'un des leurs il y a plusieurs dizaines d'années. Aujourd'hui, à l'aide de quatre encadrants à temps plein, "Papy Rân" veille sur la trentaine de mômes âgés de 4 à 18 ans.

Je vous présente la famille "Xuân", littéralement printemps, synonyme d'espoir et de nouveau départ pour ces enfants égarés.

"Xuân", c'est aussi le nom de l'association, fondée en 1992 par Trần Tiến Chánh et présidée aujourd'hui par Blandine Peillon, qui œuvre chaque jour pour apporter une aide réelle à ces enfants dans un cadre familial. Grâce à un système de parrainages individuels, les enfants sont nourris et logés sur place. Lorsqu'ils ne sont pas orphelins, ils vont à l'occasion retrouver leurs parents, trop démunis pour subvenir à leurs besoins. On comprend alors mieux pourquoi ils sont si avides d'affection et chaque année, l'arrivée de visiteurs apporte son flot d'émotions. D'ailleurs, à peine ai-je franchi la grille d'entrée que les fantômes de jeunes de l'UJVF me submergent. Certains s'y rendent en effet chaque été afin de "faire de l'animation", expression constipée, volontiers troquée par "partager de précieux moments de vie avec ses petits frères et sœurs de Đà Nẵng".
 

Nhung, qui me dévisagera plus tard Salle de classe, configuration patinoire
Nhung me dévisagera plus tard Salle de classe, configuration patinoire


Personnellement, c'est la première fois que je viens ici, d'où une certaine appréhension renforcée par un silence si sentencieux qu'on entendrait une aiguille tomber sur le tapis. Finalement, chị Sen, l'une des deux encadrantes cuisinières, m'arrache de la torpeur… et de mon scooter. Les présentations d'usage envoyées, nous faisons le tour du propriétaire : au rez-de-chaussée, cour intérieure, parc à vélos, salle à manger, cuisine et salle de classe à renvoyer Monsieur Propre au chômage technique.

Les chambres sont à l'étage et les mômes à la sacro-sainte sieste d'après déjeuner ! De 14 à 16 heures, les diablotins redeviennent des anges. Une porte entrebâillée ici découvre un marmot endormi aux joues gonflées comme celles d'une grenouille amoureuse alors qu'une autre vibre au son d'un bâillement bruyant à s'en décrocher les mandibules.


Le camp d'été a été éprouvant Adorables ces enfants ? A suivre ...
Le camp d'été a été éprouvant Adorables ces enfants ? A suivre ...


Sur ce, je reporte notre confrontation au lendemain et me retire non sans avoir croisé le visage lisse comme une châtaigne d'une mioche me dévisageant de ses calots noirs charbonneux …

Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /2008 20:31
- Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Clins d'objectif ...

  • Cultures
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés